May 19, 2026

Les fonds de capital-investissement se tournent vers la création de valeur opérationnelle alors que les chocs géopolitiques freinent la reprise des transactions

  • La volatilité géopolitique est désormais le principal défi affectant la création de valeur et les rendements du capital-investissement 
  • Dans un environnement plus contraint, la création de valeur opérationnelle active représente la moitié de la croissance de l’EBITDA 
  • Le recours aux fonds de continuation et au marché secondaire a quasiment doublé en un an face à la stagnation des sorties 
  • Près des deux tiers des fonds ont intégré l’Intelligence Artificielle dans leurs programmes de création de valeur, contre 41 % l’an passé

Paris, le 19 mai 2026 – Les sociétés de capital-investissement sont contraintes de repenser leurs stratégies de création de valeur : le retour de tensions géopolitiques, le niveau élevé des valorisations à l’entrée et l’allongement des délais de sortie redessinent le paysage européen des transactions. Tel est le constat de la 5e édition du Value Creation Survey réalisé par le cabinet de conseil Alvarez & Marsal (A&M).

Selon 62 % des répondants à l’enquête d’A&M, l’incertitude géopolitique est désormais le principal obstacle à la création de valeur, juste devant la volatilité des droits de douane et l’inflation, toutes deux citées par 58 % des personnes interrogées.

Dans ce contexte plus exigeant, la croissance de l’EBITDA des sociétés en portefeuille tient désormais moins à la progression du chiffre d’affaires qu’à l’amélioration opérationnelle. L’analyse par A&M des sorties en Europe montre que l’amélioration de la marge d’EBITDA représente désormais 51 % de la croissance de l’EBITDA des entreprises cédées en 2025, contre 21,5 % pour celles sorties avant 2023. À l’inverse, la contribution de la croissance du chiffre d’affaires est passée de 78,5 % à 49 % sur la même période.

Si 61 % des répondants demeurent optimistes quant aux perspectives de sortie en 2026, la moitié d’entre eux prolongent leurs plans de création de valeur et refinancent la dette de leurs sociétés en portefeuille dans l’attente de conditions de marché plus favorables.

Steffen Kroner, Managing Director, Private Equity Performance Improvement chez A&M, déclare : « La création de valeur dans le capital-investissement est entrée dans une nouvelle phase. Les acteurs qui surperformeront dans ce cycle seront ceux capables de bâtir des entreprises plus solides grâce à une discipline opérationnelle renforcée, une exécution commerciale plus rigoureuse et une utilisation plus efficiente des données. Les valorisations élevées, la durée accrue des périodes de détention et les chocs géopolitiques ont considérablement relevé le niveau d’exigence des plans de création de valeur. Les investisseurs doivent identifier les leviers opérationnels avant même la finalisation de l’acquisition et les activer dès le premier jour. »

Le marché secondaire s’impose comme un outil de liquidité de premier plan

Face à l’allongement des délais de sortie, les investisseurs se tournent massivement vers le marché secondaire et les fonds de continuation pour générer de la liquidité. Le recours à ces solutions a bondi : 43 % des sociétés de capital-investissement y ont désormais recours, contre 24 % un an plus tôt. Dans le même temps, la proportion d’acteurs acceptant des sorties forcées à des valorisations inférieures est tombée de 29 % en 2025 à seulement 7 %.

Les actifs transférés via le marché secondaire ou logés dans des fonds de continuation sont, pour la plupart, des entreprises performantes. 45 % des répondants estiment qu’elles répondent aux attentes mais ont besoin de temps pour révéler tout leur potentiel ; 42 % les décrivent comme des actifs de qualité pénalisés par un calendrier de marché défavorable.

La valorisation demeure toutefois le principal défi de ces opérations : 64 % des répondants citent l’alignement entre GPs et LPs sur la valeur des actifs comme l’enjeu central ; 70 % indiquent que le report du carried interest ainsi que le co‑investissement des GPs sont utilisés pour obtenir le soutien des LPs.

L’Intelligence Artificielle passe de l’expérimentation à un levier concret de création de valeur

L’adoption de l’Intelligence Artificielle dans les stratégies de création de valeur du capital‑investissement s’est nettement accélérée au cours de l’année écoulée : près des deux tiers des répondants (63 %) y ont désormais recours, contre 41 % en 2025.

Cette intégration gagne aussi en maturité : 39 % des répondants déploient désormais l’IA dans plusieurs fonctions de leurs sociétés en portefeuille, avec des résultats mesurables à la clé.

Les principaux cas d’usage concernent l’analyse et l’exploitation des données (69 %), l’amélioration de l’efficacité opérationnelle (60 %) et l’optimisation de la fonction finance (55 %). L’analyse tarifaire, la prévision de la demande, l’optimisation des achats et le développement commercial ressortent comme les domaines où l’IA contribue le plus directement à l’amélioration de l’EBITDA.

Des freins importants subsistent néanmoins : 60 % des répondants citent le coût élevé et l’incertitude sur le retour sur investissement comme principaux obstacles au déploiement de l’IA, et 45 % pointent la qualité et la disponibilité des données.

Rénald Béjaoui, Managing Director, Private Equity Performance Improvement chez A&M, ajoute : « L’Intelligence Artificielle n’est plus une promesse : elle s’impose comme un pilier de la boîte à outils de la création de valeur opérationnelle, mais sa valeur ne se mesure qu’à condition de l’arrimer à des leviers clairs de rentabilité et de génération de trésorerie. Les cas d’usages les plus probants – tarification, achats, prévisions, automatisation de certains fonctions support – sont précisément ceux où une meilleure exploitation des données se traduit, sans détour, par des marges renforcées et des décisions plus rapides.  »

Les investisseurs accélèrent leurs plans de création de valeur à mesure que les périodes de détention s’allongent

Les fonds de capital‑investissement accélèrent également l’exécution de leurs plans de création de valeur : 58 % engagent désormais leurs ressources dès les 100 premiers jours suivant l’acquisition, soit le double des 29 % enregistrés l’an dernier – reflet de la complexité croissante des programmes d’amélioration opérationnelle.

Cette accélération ne suffit pourtant pas : 65 % des répondants déclarent avoir réalisé moins de la moitié de la valeur visée par les programmes élaborés au cours des deux dernières années.

Méthodologie

Début février 2026, le cabinet d’études Statista Q, mandaté par Alvarez & Marsal, a interrogé 200 investisseurs de fonds de capital‑investissement ainsi que des dirigeants de niveau C au sein d’entreprises en portefeuille implantées au Danemark, en France, en Allemagne, en Italie, aux Pays‑Bas, en Norvège, en Espagne, en Suède, en Suisse et au Royaume‑Uni.
L’enquête combinait des questions ouvertes et fermées et a été conduite par téléphone. Les résultats ont été analysés et consolidés par Statista Q, puis présentés de manière anonymisée.


À propos d’Alvarez & Marsal

Fondé en 1983, Alvarez & Marsal (A&M) est un cabinet mondial de conseil en services professionnels reconnu pour son leadership, son pragmatisme et ses résultats concrets.
A&M propose des services de conseil en stratégie, amélioration de la performance, restructuration et transformation, apportant des solutions opérationnelles sur mesure aux défis spécifiques de ses clients.

Grâce à un réseau international d’opérationnels expérimentés, de consultants de premier plan, d’anciens régulateurs et d’experts sectoriels, A&M accompagne les entreprises, les conseils d’administration, les fonds de capital‑investissement, les cabinets d’avocats et les institutions publiques dans leurs transformations, la maîtrise des risques et la création de valeur à chaque étape de leur développement.

Pour en savoir plus : AlvarezandMarsal.com


Contacts presse : Image 7, am@image7.fr, +33 1 53 70 74 70

 

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